Auteurs, biographes, nègres, 

de l'obscurité à la lumière


Les chroniqueurs de l’intime et passeurs de souvenirs

   Libres sont les oiseaux de nuit et les passeurs de mémoire. Enfin, s’ils décident de l’être, moins libres sont les nègres, me semble-t-il.

Avec pour axes principaux nombre d’ouvertures sur des terrains moins abordés par les biographes du moment, les pages du Guide des Biographes traitent aussi du sujet de la Négritude et des auteurs fantôme. Ce qu’est d’être écrivain-biographe aujourd’hui ou de le devenir, porte en soi de multiples orientations. Dans ce Guide fait pour les écrivains biographes ne sont donc  uniquement traitées, loin de là, les possibilités d’écrire les mémoires de gens en vue ou de personnes tout à fait anonymes vivantes ou défuntes. On y trouve en outre, un champ de vision documenté sur de vastes pistes de travail. Elles seront à retenir selon les nécessités, les inclinations, les curiosités. Dans ce premier volume elles sont autant abondantes qu’inédites. À travers sources et commentaires, recommandations, points de vue, subjectifs quelquefois, objectifs souvent, avec ses informations nourries le propos a plusieurs buts : ouvrir, étendre, élargir.

Fécond je le crois, profitable je l’espère, formateur pour ceux qui veulent aller plus loin dans la connaissance de cette voie passionnante qu'est la Biographie. Plumes aguerries voulant se diversifier, souris de bibliothèques, amateurs éclairés, auteurs jeunes ou moins jeunes à la recherche de conceptions différentes, dans le Guide ils auront une vision de ce que représente ce drôle de métier. Et des biographes globe-trotters qui franchissent les continents, jusqu’aux nègres, écrivains invisibles ou « auteurs métis », il n’y est pas seulement question non-plus de parcourir les incalculables formes à prendre pour entrer dans la lumière ou choisir la part de l’ombre…             

                                Aux racines de l’esclavage

pour servir l’histoire des autres...

Devenir nègre est un choix, pour ma part je n’en ai pas eu l’envie. Ni dans mes débuts, moins encore en 2007 où un narrateur complice, vieil idéaliste, me proposera de tracer son histoire en mon nom, d'autres suivront. Cette année là, l’écrivain, philosophe *Alain Finkielkraut est parmi les premiers à user de l’expression non pas de Nègre, mais d’ « Écrivain fantôme ». Il cite le film de Roman Polanski The Ghostwriter. Offrant ainsi la traduction à la française de l’expression anglophone, il mettait en situation l’ombre portée sur l’auteur clandestin.

Une période étonnante l’année 2007, celle où l’on vit l’intrépide madame Royal, déclarer, les pieds bien plantés sur la Grande Muraille : «[] qui n’est pas venu sur la Grande Muraille n’est pas un brave, et qui vient sur la Grande Muraille conquiert la « bravitude ». Son néologisme pour le moins baroque déclenchera des vagues de railleries. Bien avant celui-ci d’autres suffixes placés derrière le radical avaient moins porté au sarcasme : incertitude, servitude, négritude…

Négritude, la connotation liée à l’esclavagisme, par conséquent à l’attitude d’hostilité violente envers un groupe racial, fait qu’elle en devient de plus en plus toxique aujourd’hui. Une forme politiquement correcte fait qu’on l’emploie en la cernant entre des guillemets de temps à autre. Ce serait heureux qu’elle disparaisse, tout bonnement...

*Alain Finkielkraut  : voir cet article sur Enquêtes&débats à propos du Monde obscur des nègres littéraires et des discentions sémantiques sur le mot Nègre. Ainsi que sur la locution Écrivain fantôme soulevée ici par Claude Ribbe puis venue d’Alain Finkielkraut. « L’écrivain Fantôme » est également un titre de l’auteur serbe, essayiste, éditeur et traducteur Zoran Zivkovic. C’est aussi celui d’un ouvrage de l’auteur Bauvarie Mounga chercheur en sciences du langage et en grammaire. "The Ghostwriter" est l’adaptation du livre de Robert Harris "Homme de l'ombre" (Plon, 2007) qui servit de base au scénario de The Ghostwriter. Dans ce film Polanski met deux Nègres dans des postures redoutables. Le cœur du premier va lâcher, le second, dont on ne connaîtrait pas l’identité, mettra à jour des secrets explosifs susceptibles d’ébranler la planète. De facétieux admirateurs du cinéaste, dont je suis, y verront, soit un vibrant thriller, soit une métaphore sur les risques du métier. De facétieux admirateurs du cinéaste, dont je suis, y verront, soit un vibrant thriller, soit une métaphore sur les risques du métier...

 

(Ces fragments de textes sont extrait du « Guide des Biographes : les écrivains passeurs de mémoire aujourd’hui » signé par Constance de Béchillon et publié chez BoD Éditeur. Les principaux angles de vue de ce travail se font en regard de la société actuelle et de l’Histoire contemporaine. Avec ses informations nourries, le propos a plusieurs buts : ouvrir, informer, étendre, élargir. On peut se procurer cet ouvrage à partir des liens ci-dessous) :

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