Écrivains biographes, le prix de la   mémoire : coût d'une biographie de   qualité, tarifs et budgets

Pour la personne qui veut faire écrire  ses mémoires, concernant la recherche d'un biographe sérieux, fiable et *publié, il faut savoir qu’après quelques investigations sur le Net, la   plupart du temps le choix se fait sur un coup de cœur. Les questions sur le prix viennent en second lieu. 

Conseil  pour décider des tarifs, des coût d'une biographie à écrire pour autrui, à offrir ou à s’offrir : 

Au niveau des prix, les chiffres plus hauts de gamme ne sont pas une preuve d’excellence en soi, certes. Néanmoins ils sont fréquemment l‘indice d’un travail responsable et  bien mené d’un bout à l’autre de la chaîne rédactionnelle. Exemple de budgets un peu plus élevés :   pour les premiers forfaits ils varient de 3800€ à 5000€ avec 140 pages environ.   En prix à la page les   écarts sont notables et vont de 35€ à 65€ la page, jusqu'à 200€ ou plus pour   un feuillet.

Tout à l'opposé, si le tarif proposé est très modeste, je conseille la   prudence. Avec des budgets qu’on peut situer entre 1600€ à 1800€   jusqu' 2000€ pour un ouvrage de 140 à 150 pages environ, une telle modestie   peut conduire à s’interroger sur la fiabilité et la crédibilité de la dite  plume.

  

La construction d’une biographie de   qualité a son prix et un coût :

  

Afin d’avoir une idée juste des étapes du travail, il faut noter que, des   interviews au suivi en continue, jusqu’à la publication de l’ouvrage, pour un   vrai rendu sérieux et qualificatif il y aura plus d’une vingtaine de niveaux   à considérer pour le travail du biographe et son investissement personnel :

  

-     1/À commencer par la rédaction d’un contrat   liant les deux parties et passant en revue toutes les facettes de la mission   biographique, ainsi que le détail des engagements Narrateur/Biographe. Vont   se suivre :

  

-      2/La réalisation d'un schéma de travail

  

-      3/Les interviews enregistrées et les   entretiens libres organisés en regard des aspirations du narrateur

  

-      4/Le formatage du manuscrit

  

-      5/La retranscription attentive de toutes   les interviews ou la reprise de textes à réécrire, (journaux intimes, notes,   écrits, travaux romancés...) que le narrateur aura lui-même rédigé ou bien ce   sera les deux à la fois : interviews + textes personnels du narrateur

  

-      6/La configuration et la création des   chapitres au fur et à mesure de la progression

  

-      7/La réécriture complète totalement   ajustée. Quelquefois avec un souffle à tendance romanesque ou dans une   configuration originale décidée avec le narrateur

  

-      8/La mise en perspective chronologique de   la biographie en regard de l’Histoire, de l’histoire familiale et de la   trajectoire personnelle

  

-      9/S’il y a eu le choix d’une formule   nettement littéraire, l’adaptation entière du point de vue de l’écriture    

  

-      10/La communication en continue avec le   narrateur le long des mois

  

-      11/L’invention d’un titre principal   attrayant et de tous les titres et sous-titres de chapitres

  

-      12/Les échanges réguliers, téléphoniques,   en vis à vis ou par Émail avec le narrateur, jusqu’au bouclage

  

-      13/Les approfondissements historiques ou   recherches documentaires, voire généalogiques suivant ce qui a été décidé

  

-      14/L’insertion de « Notes de bas de   page » documentées avec rigueur

  

-      15/Les modifications, réadaptations,   corrections, finitions

  

-      16/L’édification d’un sommaire, parfois   même d’un index alphabétique plus contraignant à construite

  

-      17/Les lectures, relectures, les   corrections dernières

  

-      18/Les recherches puis les échanges avec   l’éditeur lorsqu’il y a publication

  

-      19/La constitution et la finalisation du   dossier de publication pour la maison éditrice

  

-      20/La mise en forme aux normes éditoriales   (chaque éditeur a la sienne) pour le manuscrit achevé

  

-      21/Le suivi en continue auprès de   l’éditeur, pas à pas jusqu’à la sortie de l’ouvrage 

  

Voici alors quelques exemples des offres les plus fréquentes chez les biographes du moment :

  

Parmi les plus répandus, les travaux à la séance :

  

Si les biographies traitées de façon forfaitaire conservent leurs partisans,   elles cèdent fréquemment la place à des rétributions sur le principe à la   séance. Pour la majorité des biographe, ce sera deux heures d’entretien + une   à deux heures de rédaction  facturées dans les 100€ à 200€, réglés à   chaque rendez-vous. Le système peut avoir son intérêt, il comporte des   gageures cependant, me semble-t-il :

  

Recueillir adroitement des souvenirs en tablant sur durée d’entretien   courte n’est-il pas périlleux ? Le flux de la mémoire fait que celle-ci   a ses propres exigences. D’une pensée à une autre, le flot des réminiscences   va se répandre. À mon sens, il n’est pas concevable d’endiguer ce déversement   légitime. En particulier si le narrateur craint de ne pas recouvrer sa   mémoire facilement, même risque s’il a grand besoin de s’exprimer, ce qui est   coutumier et tout à fait souhaitable. Pour celui qui se charge de   l’interview, envolée l’empathie réelle, c’est mon sentiment.

  

Chez le narrateur cette contrainte de temps va créer des frustrations.   Tenu de rester sur sa faim, il devra décaler son besoin de parler de choses   lui tenant à cœur jusqu’à la séance suivante. Même s’il n’en a pas envie,   entre les entretiens il sera alors amené à prendre un grand nombre de notes   lui-même endossant ainsi le rôle de son biographe, ce qu’il n’avait pas prévu.

  

Autre inconvénient à mon idée, quelle somme lui coûtera le travail   pleinement achevé en réalité ? Il est malaisé de le prévoir à l’avance.   Le biographe sera conduit à faire une estimation à vue de nez, un risque pour   l’un et l’autre.

  

À savoir : dès le début de la rédaction les narrateurs sont de plus en plus   impatients d’avoir de larges pans de leur destin déjà rédigés, leur livrer   par petits fragments est une nouvelle dépossession, c’est mon avis.

  

Si vous souhaitez en savoir plus sur le travail à la séance, je cite là   l’exemple significatif de Guillaume Moignon initiateur du principe qui a fait   des adeptes en quantité chez les biographes. Ceux qu’il nomme les « Nègres   pour Inconnus ». Beaucoup d’autres groupes lui ont fait cortège sous   différentes appellations. Les fondations restent toujours à peu près   analogues avec des variantes sur divers services. Le principe est celui-ci :

  

Il s’articule autour de chaque cession correspondant à un travail à   l'heure fixée à 50€. plus précisément à la séance, une heure d'entretien   s’additionnant au même temps d'écriture qui suivra. Il précise que ce temps   relève de « la rapidité du débit » des narrateurs. Sur une   séance d’une à deux heures, celle-ci sera facturée de 100 à 150 €. L’heure de   discussion précédant une heure d’écriture où le Nègre pour inconnus   travaille seul à son bureau. Lors du rendez-vous à venir, lui (ou l’un de ses   pareils affilié au réseau, 80 collaborateurs actuellement), confiera au   narrateur les feuillets rédigés d’après l’entretien précédent. Selon les   dires de Guillaume Moingeon celui-ci verrait alors le manuscrit évoluer sous   ses yeux et pourrait, quand il le souhaite, le modifier, le corriger.

  

Est précisé que « le nombre de séances varie selon si le   narrateur ambitionne la rédaction d’un simple fascicule ou une saga familiale   en 3 tomes, en toute logique. Chaque vie étant différente, un travail plus   écrit littérairement correspondrait à une dépense autre et pouvant s’allonger   dans le temps, par conséquent dans les prix », signale-t-il encore.

  

Deuxième possibilité, les rédactions traitées à l’heure ou à la page:

  

À l’heure : sur ce principe le spectre entier des   chiffres est possible du plus limpide au plus compliqué. Comme Pierre Nozière   écrivain privé et biographe qui compte l’heure de travail rémunéré à 35 €,   que ce soit en écoute ou en écriture. L’avance forfaitaire qu’il demande   entre 300 € et 500 €, se cumulera avec ses factures successives déduites lors   du solde. Les paiements interviennent au fil des livraisons de textes. J’ai   retenu également l’exemple de Franck Lucea parmi ceux qui me paraissent agir   avec droiture. D’emblée il s’annonce sur son site comme Ghostwriter   littéraire :

  

     « Parfois on me dit que je suis cher,   parfois on me dit que je suis trop bon marché… N’étant pas « commercial » de   nature, la question du prix me laisse souvent perplexe. Mon garagiste, que   j’aime bien, me demande lui aussi 60 euros de l’heure. Quand j’écris, je   donne mon temps, mon esprit, mes mots et mes idées… J’écris un livre pour   3000 ou 4000 euros et il arrive qu’un client chanceux le vende à un éditeur   pour deux ou trois fois plus, uniquement en avances sur recettes…».

  

À la page : comme indiqué plus haut, les propositions de   rédaction à la page sont très étendues et varient de 35 € à 65€, jusqu'à 200€   le feuillet environ ou plus. Une création telle qu'une biographie se situera   donc aux alentours de 65€ à 200€ la page ou plus selon l’œuvre et les   désidératas du narrateur (une page A4 dans les normes est de 1500 mots).

  

Occasionnellement certains auteurs réalisent aussi des traductions ou   font le métier de correcteurs en parallèle. À titre informatif, sans aucune   rédaction et seulement pour des corrections standard, il faut généralement   compter de 3,50€ à 4€ la page en A4, (orthographe, grammaire, typographie,   doublons, majuscules, noms, propres, marques sans la moindre réécriture.)

  

Troisième alternative, la solution forfaitaire, une option qui a fait ses   preuves: c’est la norme d’un certain nombre d’écrivains-biographes.  S'il n'y   a pas d'apports de personnages extérieurs à commenter ou une une mise en   situation originale de la narration et en dehors d'un ajustement créatif des textes   ou de recherches spécifiques en Histoire, pour une écriture simple  avec   environ 180 à 190 pages les prix se situent entre 3000€ et 4500€ env. Cela   dépassera vite ces chiffres et cette pagination au gré de l’ouvrage, lorsque   par exemple:

  

-    Il s’agit de témoignages à plusieurs voix à écrire ou   avec diverses  sources d’interviews ou de documentation, donc de   rédaction

  

-      Si l’œuvre est appelée à dépasser les 200   pages pour atteindre les 250, les 300, voire plus encore

  

-     Selon aussi la notoriété du biographe ou le   renom des narrateurs publiés dans des maisons d’édition majeures   

  

-   Ou encore que le travail prend des allures très nettement   romancées ou bien en fonction de la demande d’une forme d’écriture   particulière etc

  

*Les travaux biographiques signés Constance d'Epannes de Béchillon, ont  été publiés à plusieurs reprises à "Compte d’Éditeur". En d'autres   occasions  c'est  "l'Auto-publication" qui fut choisie et  ce qu'elle conseille volontiers à ses narrateurs. 

  

À retenir : les fragments de chapitre présentés ci-dessus sont extraits   et en partie inspirés de son « Guide des Biographes : les écrivains   passeurs de mémoire aujourd’hui » chez BoD Éditeur. On se procure cet   ouvrage à partir des liens ci-dessous :

  

Chez Amazon 

  

À la FNAC 

  

Chez BoD Éditeur